Le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin
a été présenté mercredi 31 mars 2004 à l'Elysée.
43 membres : 17 ministres, 13 ministres délégués et 13 secrétaires d'Etat.
Toutes photos AFP et textes RTL.
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Nicolas SARKOZY |
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François
FILLON |
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Dominique
de VILLEPIN |
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Jean-Louis
BORLOO |
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Dominique
PERBEN |
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Michèle
ALLIOT-MARIE |
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Michel
BARNIER |
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Philippe
DOUSTE-BLAZY |
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Gilles
de ROBIEN |
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Renaud
DUTREIL |
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Hervé
GAYMARD |
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Serge
LEPELTIER |
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Renaud
DONNEDIEU de VABRES |
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Marie-Josée
ROIG |
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Brigitte
GIRARDIN |
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Jean-François
LAMOUR |
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Nicole
AMELINE |
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C'est un remaniement ministériel aux allures de jeu de chaises musicales. La composition du gouvernement Raffarin III a été dévoilée mercredi soir: Nicolas Sarkozy part pour Bercy, remplacé place Beauvau par Dominique de Villepin, qui cède sa place à Michel Barnier au Quai d'Orsay. Priorité à l'économique et au social: le ministre de la Ville Jean-Louis Borloo prend la tête d'un ministère de la "Cohésion sociale". François Fillon est chargé de l'Education. L'opposition est très critique; l'UDF, sceptique.
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Raffarin III":
changements, départs et arrivées
43 membres, cinq de plus que l'équipe précédente, parmi eux 17
ministres, 13 ministres délégués et 13 secrétaires d'Etat: le
gouvernement "Raffarin III" a été présenté mercredi soir
(31 mars), trois jours après la défaite
électorale du 28 mars. Il est dominé par trois "poids
lourds", Nicolas Sarkozy, François Fillon et Dominique de Villepin.
13 "sortants" ne retrouvent pas de place. Sur les 17 ministres
en plein exercice, dont 4 femmes, cinq font leur entrée au gouvernement,
les autres "déménagent". Dominique de Villepin, proche de Jacques Chirac, passe du Quai d'Orsay à la place Beauvau, au ministère de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales. A ses côtés, Jean-François Copé qui reste par ailleurs porte-parole du gouvernement. L'ex-ministre de l'Enseignement scolaire, Xavier Darcos, devient lui ministre de la Coopération. Dominique de Villepin est remplacé par Michel Barnier qui quitte ses fonctions de commissaire européen. François Fillon reste numéro trois du gouvernement au ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Le "pôle social" est confié à Jean-Louis Borloo qui passe de la Ville à un super-ministère de l'emploi, du travail et de la Cohésion sociale. Autre promu: Renaud Dutreil, benjamin du gouvernement "Raffarin II" comme secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce, à l'Artisanat et aux Professions libérales: il devient ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, à la place de Jean-Paul Delevoye.
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Photo AFP: Philippe Douste-Blazy, Marie-Josée Roig, Renaud
Donnedieu de Vabres, Gérard Larcher, Henri Cuq. (en bas) Michel Barnier,
Francois d'Aubert, Serge Lepeltier, Nelly Olin et Xavier Bertrand. Ceux qui gardent leur place: Michèle Alliot-Marie, à la Défense; Dominique Perben à la Justice; Hervé Gaymard à l'Agriculture; Brigitte Girardin à l'Outre-mer. Gilles de Robien reste le seul UDF du gouvernement, ministre de l'Equipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer (il perd le Logement mais gagne l'Aménagement du territoire); Hamlaoui Mékachéra, ministre délégué aux Anciens combattants; Nicole Ameline, ministre de la Parité et de l'Egalité professionnelle; Hubert Falco ministre délégué aux Personnes âgées. Jean-François Lamour reste aux Sports mais récupère en plus la Jeunesse et la Vie associative. Serge Lepeltier, l'ex-Monsieur environnement du RPR, habitué des sommets altermondialistes, devient ministre de l'Ecologie et du Développement durable où il remplace Roselyne Bachelot. |
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Photo AFP: Jean-Jacques Aillagon, Jean-François Mattei, Nicole
Fontaine, Noelle Lenoir, Francis Mer, Luc Ferry, Roselyne Bachelot,
Jean-Paul Delevoye. |
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Sarkozy: Le défi de Bercy
Les tâches du "super-ministre" seront multiples. Nicolas Sarkozy devra d'abord remettre en marche la machine économique. C'est une priorité alors que l'institut de la statistique table pour les 6 premiers mois de l'année sur une croissance sans éclat en raison de l'attentisme persistant des entreprises et de la faiblesse des créations d'emplois. Il devra ensuite mettre en musique la promesse de Jacques Chirac, baisser les impôts de 30% - nous n'en sommes pour l'instant qu'au tiers du chemin. Le plus dur reste donc à faire alors que l'Etat français explose tous les compteurs avec une dette qui dépasse pour la première fois 1000 milliards d'euros, ce qui représente 15.000 euros par personne. Le nouveau ministre va-t-il donc persister dans la baisse des impôts? En tout cas, il a toujours expliqué qu'il y était favorable. Autre dossier chaud : la préparation du budget 2005, sur fond de contraintes européennes. Nous sommes le plus mauvais élève, celui qui est tout au fond près du radiateur dans la classe européenne. Et nous sommes attendus au tournant, notamment sur les réformes à engager pour redresser les comptes. Le nouveau ministre devra donc peser pour que l'on réforme l'assurance maladie. Autre réforme très compliquée, celle de l'Etat. Francis Mer, le ministre de l'économie a réussi à faire bouger l'administration des finances avec le remplacement d'un départ à la retraite sur deux seulement. Reste à convaincre l'administration en général de faire la même chose. C'est le moyen le plus efficace, mais certainement pas le plus populaire pour réaliser des économies. |
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Villepin: Succession difficile
Ca va être difficile pour Dominique de Villepin parce que Nicolas Sarkozy, quoiqu'on en pense, a réussi à laisser l'impression qu'il a réussi au ministère de l'Intérieur. De l'avis de la plupart des policiers, il aura laisser son empreinte. Et puis Nicolas Sarkozy a beaucoup promis. Selon sa loi d'orientation, 5 milliards 600 millions d'euros d'ici 2007 : pour la police, 45 % de la somme reste à verser en 3 ans. Pour la gendarmerie, c'est plus grave, les crédits sont déjà en retard par rapport à l'engagement initial. Et puis il y a la réforme en cours : une hausse du niveau de recrutement donc un meilleur salaire pour les policiers. Tout ça coûte très cher. Dominique de Villepin devra donc rappeler au Ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, qu'il faut payer pour tenir les promesses de l'ancien Ministre de l'Intérieur.
Il y a une France qui va bien, il faut d'abord s'occuper de celle qui va mal, les chômeurs, RMIstes, exclus... et Jean-Louis Borloo s'y prépare depuis longtemps. Ministre de la Ville, il a lancé un programme de réhabilitation de 750 quartiers et fait voter une nouvelle loi sur le surendettement. Neuf ans après le thème de la fracture qui avait permis à Jacques Chirac d'être élu, c'est donc Jean-Louis Borloo, très bien coté à l'Elysée, qui va incarner l'image sociale du prochain gouvernement. Fort de son expérience de maire de Valenciennes, Borloo a des idées sur tout, de la petite enfance à la formation professionnelle des adultes en passant par l'insécurité et l'habitat. L'intention affichée de Jean-Louis Borloo est de raccommoder une France qui a d'abord manifesté dans la rue puis faute d'être entendue s'est servie de son bulletin de vote. Mais il reconnaît que ça prendra une demie génération, et qu'il faut aussi batailler contre les conservateurs de tout poil. Borloo le Franc tireur a déjà l'habitude de sauter par dessus une haute administration qu'il vomit presque et qu'il juge trop souvent dirigée par des incompétents. Un style qui ne pouvait que plaire au chef de l'Etat. "Raffarin II" à égalité avec "Raffarin III": le seul ministre UDF reste Gilles de Robien. Les choses ne se sont pas débloquées malgré l'entretien qu'ont eu mardi François Bayrou et Jean-Pierre Raffarin. François Bayrou avait posé ses conditions: "S'il n'y a pas une volonté de changement profond de la manière dont le pays est gouverné, alors évidemment, pour moi, il est hors de question de participer au gouvernement". On avait parlé de l'arrivée de deux jeunes parlementaires centristes dont Valérie Létard, sénatrice du Nord: au moment des régionales elle avait failli faire liste commune avant celle de l'UMP Jean-Paul Delevoye avant d'être contrainte de reculer par l'UDF. Eh bien seul Gilles de Robien reste au gouvernement, comme ministre de l'Equipement et des Transports, en équilibre entre sa fidélité à la majorité et à Jacques Chirac et sa fidélité à son parti. Il joue souvent les messieurs bons offices.
Il reste! Après la lourde défaite de la Droite aux élections
des 21 et 28 mars, certains réclamaient, à gauche mais aussi à droite,
un changement de tête à Matignon. Jacques Chirac a tranché: il a
reconduit Jean-Pierre Raffarin dans ses fonctions, lui laissant une
nouvelle chance. Le chef du gouvernement s'est rendu mardi matin à l'Elysée,
pour une troisième visite en deux jours. A peine Jean-Pierre Raffarin reconduit, le numéro 2 du PS, Laurent Fabius, a dénoncé cette décision qui "montre que, malheureusement, (Jacques Chirac) reste en réalité sourd au message clair que lui ont adressé les Français les 21 et 28 mars". Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande dénonce "une faute par rapport au suffrage universel": "Face à un vote-sanction d'une exceptionnelle ampleur exprimant une profonde volonté de changement, Jacques Chirac vient de prendre une grave responsabilité devant le pays. En reconduisant Jean-Pierre Raffarin, il choisit de poursuivre avec les mêmes équipes, la même politique avec les mêmes résultats". Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, estime même que "Jacques Chirac vient d'adresser un bras d'honneur au peuple français". Toute l'opposition est vent debout: la secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet parle d'un "affront au suffrage universel", Yves Contassot, porte-parole national des Verts, d'un "ravalement de façade". Noël Mamère, "choqué" par la reconduction de Raffarin a déclaré que Jacques Chirac ne "comprenait plus rien aux Français" et qu'il était devenu "un vieil homme usé par le pouvoir, isolé dans son palais de l'Elysée" Pour le président du Front National Jean-Marie Le Pen, "on
rapetasse le gouvernement (...) au moins jusqu'aux élections européennes"
du 13 juin.
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